Comment ERAS participe à l’élaboration de l’Usine Agroalimentaire du Futur !

Petite contribution suite à la participation de Loic Lafon, responsable du Centre de Compétences Agro-Alimentaire, au Meet’in Agro !

Lors de cette journée intitulée «  Bâtissons ensemble l’usine du futur », diverses présentations et tables rondes ont été organisées avec une couverture assez complète puisque les têtes de chapitre comprenaient : L’humain, l’Environnement, la Production, le Digital et une conclusion avec Luc Ferry, ex Ministre de l’Education et Auteur - Philosophe.

Qu’il me soit permis de reprendre quelques verbatim et d’en faire un commentaire avec une mise en perspective de mon cru. L’idée est de reprendre des éléments qui permettront de détailler ce que nous (l’ingénierie ERAS) sommes capables de faire pour accompagner les entreprises dans cette problématique de l’Usine du Futur.

Je précise que je ne citerai pas les intervenants, préférant prendre des parties de discours, des phrases et capter des idées. La journée fut riche et il n’est pas question de la résumer en 50 lignes !

Sur l’humain, au-delà des techniques classiques (Formation, mutualisation, management participatif, raccourcissement de la chaine de valeur : de l’opérateur au consommateur), je retiendrai plusieurs points :

- Donner du sens : qui dit Usine du futur dit Changement. Ce point est du ressort des managers de l’entreprise. Or tout investissement est un changement ! Et tout changement a d’autant plus de chance d’être accepté qu’il est discuté, présenté et éventuellement amendé. Et qui dit investissement dit Ingénierie. L’ingénierie c’est comment mettre en concordance les métiers techniques de l’usine sur un projet. L’accompagnement de l’ingénierie du client devra donc être tourné aussi vers l’opérateur, la discussion, la prise en compte de toutes les parties prenantes. Y compris les consommateurs. Nous sommes souvent consultés et un des éléments du cahier des charges est la transparence des cloisons pour des visiteurs, la mise en valeur du travail effectué tous les jours par ces hommes et ces femmes. L’industrie AA, souvent décriée, l’est beaucoup moins quand le consommateur peut voir comment ça marche et s’émerveiller de la haute technicité déployée dans nos usines. Donc accompagnement du changement et visibilité (j’irais presque jusqu’à «mettre en valeur le beau »)

- Le développement des compétences : qui dit changement d’environnement dit changement du référentiel des compétences. Faire le même travail tous les jours a des vertus stabilisantes, mais aussi peut générer un ennui considérable. Le changement est donc une chance, la formation son obligation. Nous, entreprise d’Ingénierie, devons être capable de confronter, d’accompagner au changement. La vision 3d, pour tous ceux qui ne savent pas bien lire un plan, la mise en route et la pédagogie pour faire face aux aléas du démarrage d’une nouvelle installation font partie de notre job (analyse des risques, mode d’emploi, la maîtrise des risques liés aux normes, aux risques sanitaires). Quel serait le sens de notre métier si nous n’étions pas capables de concevoir, designer, former à, une nouvelle installation ?           

Sur L’Environnement, les enjeux semblent non moins importants. L’augmentation des prix de l’énergie n’est plus le sujet (encore qu’en France nous bénéficions de prix d’électricité bas). Mais bien plutôt la stratégie de l’entreprise pour offrir un meilleur environnement de vie, moins pollué !

La transition énergétique, largement commencée dans l’industrie alimentaire (et les panneaux solaires qui fleurissent le long des usines en sont la preuve) est donc plus sociale / Sociétale que technique. Même si, il reste du travail pour finir de convaincre tout le monde ! Une phrase m’a frappé : « Challenger nos BE par des experts externes » Il me semble que nous pouvons être ces experts externes, surtout si nous accompagnons nos clients (avec ENGIE,par exemple). A nous de développer, affiner, rechercher cette compétence et être à l’affût des nouveautés et de leurs applications.

Une phrase m’a interpelé : « apprendre à apprendre à nos machines, c’est d’abord maîtriser nos métiers ». Combien de clients nous demandent des process nouveaux ? combien de nos clients avouent que leur métier c’est de produire ? 

Nous avons donc plusieurs rôles : celui de sachant. Comment faire diverger moins les process qui divergent tout seuls. Celui de Pédagogie ensuite. Transférer ces process, cet amour du produit alimentaire que nous avons doit avoir une base pédagogique. Rappel : l’ingénierie c’est mettre en concordance les métiers techniques de l’usine à l’occasion d’un projet. Ce projet peut concerner un produit nouveau, une maîtrise particulière d’un process, une augmentation de capacité sans gâcher la qualité du produit. Commençons donc par maîtriser nos métiers et accompagnons nos clients sur ce chemin-là, on verra bien à apprendre aux machines plus tard, quand nous serons plus vieux !

Quant à la Production, une phrase a retenu toute mon attention : « l’important c’est de qualifier l’arrêt, pas le TRS » : génial, non ? Combien de TRS calculés toute l’année, jamais analysés et pourtant pleins d’enseignements. Si vous ne comprenez pas, faites comme moi : mettez des bottes, une charlotte et allez travailler dans une usine agroalimentaire ! Force est de constater qu'une ligne de production s'arrête bien et que lorsqu'elle repart personne n’a la même vision de la cause qui a été traitée. Là aussi nos prestations en dégoulottage, audit de production, sont bien utiles pour qualifier les arrêts.

En conclusion, il m’a manqué quelque chose durant cette journée : comment crée t on de la synergie entre tous ces sujets ? Quid de l’homme et de la femme dans sa carapace blanche et bleue quand il doit aller manger, en réunion ou à la visite médicale ? Dans les traités modernes de l’hygiène, l’homme est un contaminant donc qui perturbe l’état sanitaire de la production. Et fort heureusement il est encore bien utile ! Et pour autant, comment nos usines modernes lui octroient-elles une place de choix, un confort de travail qui lui permette de s’y sentir bien ? Pas de réponse évidente dans ce colloque.

J’ai bien deux ou trois pistes.

- La première c’est de discuter avec les opérateurs. Les anglo saxons (les japonais, même) disent « Truth is on the floor ». Ces hommes et ses femmes savent, ces hommes et ses femmes sont nombreux ! Ils veulent travailler dans des conditions acceptables ! Ils aiment leur entreprise pour la grande majorité.

- La deuxième c’est d’aider les managers. Les injonctions contradictoires (celles qui conduisent au « burn-out ») sont pour eux. Ils font un métier ingrat ( je le sais, je l’ai fait). Notre métier doit savoir les aider. Les aider à prendre des décisions, à écouter toutes les parties prenantes et à concocter, avec nous Ingénierie, la meilleure solution possible à un instant "T". 

- D’autres pistes ? Démontrer la valeur ajoutée de l’investissement quand il comprend de l’Innovation. Etre en avance, c’est maîtriser son prix, et avoir un avantage concurrentiel. Le calcul économique fait partie de nos fondamentaux. 

En synthèse, pour reprendre le questionnement de départ "sur la place de l’ingénierie dans l’usine du futur", je dirai tout simplément qu'elle est immense, centrale et fon-da-men-tale ! A nous d’y aller….

Loic Lafon

cca@eras.com

 

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